Jean Baptiste. Litografi Routte. Digital repro: Jens Gustafsson, Kungliga Biblioteket

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2010 : Bicentenaire de Bernadotte

21 août 1810 : Jean-Baptiste Bernadotte est élu prince héritier du royaume de Suède

Jean-Baptiste Bernadotte ou un destin hors du commun

Un soldat

Fils de Henri et Jeanne Bernadotte, Jean-Baptiste est né à Pau en 1763 sous Louis XV dix ans après son frère aîné. Son père, procureur au sénéchal, souhaite qu’il suive ses traces et Jean-Baptiste commence comme clerc auprès du parlement de Navarre où il demeure jusqu’en 1780. A la mort de son père, il se retrouve dans une situation précaire et s’engage comme simple soldat au régiment du Royal La Marine, car son statut familial ne lui permet pas d’accéder au rang d’officier. En 1790, il atteint le grade d’adjudant, le plus haut grade parmi les sous-officiers. La révolution autorisant les roturiers à devenir officier, il gravit les échelons et passe lieutenant en 1791, capitaine en 1793, général de brigade en 1794, puis général de division. Il participe à la campagne d’Italie en 1797 sous les ordres du général Bonaparte et devient ambassadeur de France à Vienne en 1798.

En juillet 1799 il est nommé ministre de la guerre, mais il est contraint de démissionner en septembre, peu de temps avant le coup d’Etat militaire du 18 brumaire de l’An VIII (9 novembre 1799). En 1804 il est nommé maréchal et participe à la célèbre bataille d’Austerlitz en 1805 et devient Prince de Ponte Corvo en 1806, titre qu’il porte jusqu’en 1810. En tant que gouverneur des villes hanséatiques de Brême, Hambourg et Lübeck de 1807 à 1809, Bernadotte fait preuve de grandes qualités administratives. Lors de la prise de Lübeck par les armées françaises, il traite avec courtoisie et prévenance les mille six cents soldats suédois qui sont fait prisonniers. En 1809 il participe à la campagne d’Autriche de Napoléon mais tombe en disgrâce et rentre à Paris sans nouvelle affectation.

Une famille

Désirée Clary, fille d’un négociant marseillais rencontre Napoléon Bonaparte en 1794. Désirée et Napoléon se fiancent en avril 1795 contre l’avis de la famille Clary qui trouvent suffisant d’avoir déjà un Bonaparte dans la famille en la personne de Joseph qui a épousé Julie la sœur de Désirée. Mais le général Bonaparte, lors d’un de ses déplacements à Paris, rencontre Joséphine de Beauharnais. Il rompt avec Désirée et épouse Joséphine en 1796. Deux ans plus tard, le 17 août 1798, Désirée Clary se marie avec Jean-Baptiste Bernadotte à Sceaux. Le couple aura un enfant Joseph François Oscar Bernadotte qui succédera à son père sur le trône de Suède sous le nom d’Oskar 1er.

Un futur chef d’Etat

A la mort de Gustav III, assassiné en 1792, Gustav IV Adolf monte sur le trône de Suède mais il est contraint d’abdiquer en 1809 suite à un coup d’Etat provoqué par la perte de la Finlande que la Suède est obligée de donner à l’empire russe. Karl XIII, neveu de Gustav III lui succède et n’ayant pas d’héritier, il désigne le Prince danois Karl August comme son successeur. Mais celui-ci meurt soudainement en mai 1810. La Suède se retrouve en panne de roi. Cette fois-ci les intrigues des puissants et des grands décideurs ne suffisent pas pour arriver au dénouement final et « le parti français » qui aspire à un rapprochement avec Napoléon pour reconquérir la Finlande perdue en 1809 se fait de plus en plus entendre. Après deux mois de coups de théâtre et de rebondissements, les candidatures du roi de Danemark, du duc d’Augustenburg et de Bernadotte sont retenues. Le 8 août 1810 il semble que la cause du Duc soit entendue. La commission qui avait été nommée pour apprécier les candidatures accorde onze de ses douze voix au Duc d’Augustenburg. C’était sans compter sur le pouvoir de persuasion de l’émissaire français Jean-Antoine Fournier qui sait convaincre les Suédois de tous les avantages que présente la candidature de Bernadotte. Le Conseil des ministres se réunit le 13 août pour statuer, le roi Karl XIII donne sa recommandation le 16 août à la Commission qui donne dix de ses douze voix à Bernadotte. Le Roi s’adresse alors à la Diète en ces termes : « Sa Majesté a cru qu’en confiant les destinées futures de la Suède au Prince de Ponte Corvo, la gloire militaire qu’il a déjà acquise assurerait d’une part l’indépendance du royaume et de l’autre lui ferait considérer de nouvelles guerres comme inutiles pour l’intérêt de sa renommée… Pour ces motifs, Sa Majesté propose aux Etats du Royaume, SAS Jean-Baptiste Bernadotte, prince de Ponte Corvo, comme prince royal et successeur de Sa Majesté au trône de Suède… » La Diète élit Bernadotte à l’unanimité le 21 août 1810. Le 23 septembre 1810, Bernadotte est autorisé à changer de nationalité et peut recevoir le titre de Prince royal de Suède. Il part pour la Suède sans son épouse le 2 octobre. A Elseneur, au Danemark, il abjure sa religion catholique devant l’archevêque d’Uppsala et le 20 octobre, il débarque à Helsingborg. Le 5 novembre, il est reçu par la Diète suédoise en présence du Roi Karl XIII qui l’adopte comme son fils sous le nom de Karl Johan. Désirée le rejoint en décembre de la même année.

L’histoire de la dynastie Bernadotte commence.